10 Ekim 2012 Çarşamba

POLÉMIQUE – La gare de Haydarpaşa est-elle en danger ?



L’assemblée municipale d’Istanbul vient d’approuver un plan de reconstruction de la gare et du port de Haydarpaşa, sur la rive asiatique. Cette décision ouvre la voie au lancement d’un appel d’offre. Inquiètes pour le devenir de ce symbole d’Istanbul, plusieurs ONG envisagent d’ouvrir un procès
“Haydarpaşa Port”, ainsi qu’il est baptisé, est un serpent de mer pour Istanbul. Depuis la signature d’un protocole en 2007, tout a été dit et écrit sur ce projet dont on sait finalement peu de choses. Dans leurs interventions publiques, les responsables municipaux et gouvernementaux soulignent le “prestige” du projet en question. Ils aspirent à transformer cette gare centenaire – inaugurée en 1908 – et ses environs en un centre touristique et commercial de premier plan.
Haydarpaşa après l'incendie de sa toiture (photo Berkan Süren)
C’est précisément ce qui inquiète les associations d’architectes, d’urbanistes et de riverains. Si, comme cela est envisagé, le port de Haydarpaşa devait être aménagé pour accueillir les paquebots de croisière, la zone concernée serait fermée au public. “On nous dit qu’il n’y aura pas de constructions d’hôtels. Y aura-t-il alors un musée ou un centre culturel ? Dans le même temps, on propose de demander leur avis aux habitants. Bref, on entend une multitude de sons de cloche”, observe Saltuk Yüceer, président de la Chambre des architectes d’Istanbul sur la rive anatolienne, dans le quotidien en ligne Bianet.
Haydarpaşa restera-t-elle une gare ?
La chambre menace d’intenter une action en justice. Elle accuse la mairie d’utiliser l’incendie de 2010, lequel avait détruit une bonne partie de la toiture, et la suppression récente des lignes interurbaines pour accélérer ses projets. Elle redoute que les lignes de banlieue ne subissent bientôt le même sort et que la gare de Haydarpaşa ne soit plus, à terme, une gare.
“Ce projet signifie plus de travaux, plus de circulation humaine et automobile à Kadıköy. Il est faux de dire qu’il présente un intérêt économique pour les habitants. Au contraire, les employés de TCDD (la société des chemins de fer, ndlr) perdraient leurs emplois”,estime Saltuk Yüceer, qui imagine déjà le monument historique transformé en centre commercial.
“La gare de Haydarpaşa pourrait perdre sa fonction (avec ce projet). Nous voulons défendre la spécificité ferroviaire du bâtiment de Haydarpaşa et le transmettre aux générations futures, car il appartient à notre héritage culturel” renchérit Akif Burak Atlar, secrétaire général adjoint de la Chambre des urbanistes d’Istanbul, dans une interview au Hürriyet Daily News.
Le plan de reconstruction adopté la semaine dernière à l’assemblée municipale d’Istanbul a récolté les voix des membres AKP (Parti de la justice et du développement) et l’opposition des élus CHP (Parti républicain du peuple). Sefer Kocabaş, le président de la Commission de développement au sein de cette assemblée, s’est défendu dans les médias de vouloir édifier un “Manhattan à Haydarpaşa”. Peine perdue : dimanche, pour la 33ème semaine consécutive, le groupe Haydarpaşa Dayanışması (Solidarité Haydarpaşa) a manifesté sur les marches de la gare.
Anne Andlauer (http://www.lepetitjournal.com/istanbulmardi 18 septembre 2012

2 Eylül 2012 Pazar

Haydarpaşa, un monument en sursis ?

Haydarpaşa, un monument en sursis ?
Si Istanbul regorge de bâtiments anciens qui possèdent une histoire millénaire, la gare de Haydarpaşa a plus d’histoires à raconter que beaucoup d’entre eux. Menacée de destruction à plusieurs reprises, endommagée par le temps et par deux incendies, la plus grande gare ferroviaire du pays compte ses dernières heures.

La gare de Haydarpaşa est un symbole incontournable de la silhouette d’Istanbul qui a servi de décor à plusieurs séries télévisées turques, à une publicité Chanel, et dont le jardin voisin reste bondé les nuits d’été. Construite en 1908 par des ingénieurs allemands sur des plateformes maritimes aquatiques, « c’est un symbole du développement industriel de l’Empire ottoman du XIXème siècle » explique la Dr. Yonca Erkan, enseignante à l’Université de Kadir Has. Combinant l’influence du Baroque de l’Europe orientale, de la Renaissance allemande et du Néo-classicisme, la gare de Haydarpaşa fait partie de l’histoire de la ville et des souvenirs de générations de stambouliotes. La gare historique, qui accueille 100 000 passagers par jour, était à la fois « le point de départ des pèlerins en partance pour la Mecque et la destination finale d’un voyage à travers l’Anatolie, vers la découverte de l’Occident » poursuit Yonca Erkan. À son ouverture, Haydarpaşa était le point de départ de la ligne Istanbul-Bagdad et peu après les trains pour Damas et Téhéran ont commencé à circuler régulièrement… et ce jusqu’au 1er février 2012, date à laquelle le dernier train a quitté les quais de la gare. Selon les plans de rénovation conçus par la société nationale des chemins de fer, la gare devrait être à nouveau fonctionnelle d’ici deux ans, mais pour le moment elle reste déserte, et son futur plus qu’incertain.

Haydarpaşa contre « les projets fous »

Les « projets fous » ce sont les projets qui sont lancés depuis une dizaine d’années en Turquie à l’image de la démolition des quartiers populaires d’Istanbul que l’on transforme en zones de concentration de centres commerciaux et de résidences de luxe. La gare de Haydarpaşa et tout le quartier qui l’entoure représentent un terrain libre pour la réalisation de ces projets démesurés. Pour Haydarpaşa, tout commence en 2003 avec le Manhattan project qui prévoit la démolition de la gare et la construction de sept gratte-ciels qui serviraient de centres d’affaires. Le projet a été abandonné sous la pression de la société civile. Le projet suivant a été présenté par Şefik Birkiye en 2005, architecte turc connu pour son penchant pour le style monolithique. Selon lui, le quartier devrait être rénové en style néo-ottoman. « C’était un plan dans la logique des projets de gentrification (phénomène urbain d’embourgeoisement), qui sont menés par le gouvernement depuis quelques années » explique Alp Sunalp, architecte stambouliote. Sous prétexte de réorganiser l’espace publique et de peupler les quartiers industriels de la ville, ces projets détruisent les endroits clés de l’histoire stambouliote. Tel est le cas de Haydarpaşa – le réaménagement du quartier semble se faire plutôt au détriment du patrimoine culturel qu’au bénéfice des habitants de la ville. « Le problème de tous ces projets de gentrification, c’est qu’ils ne prévoient pas d’espaces publics. C’est une privatisation du sol et ainsi le quartier ne sera pas aménagé en une espace agréable pour les résidents » enchaîne l’architecte Alp Sunalp.

Après tous les projets avortés, le futur de la gare de Haydarpaşa reste hypothétique. La branche stambouliote de la Chambre des architectes essaye en vain d’obtenir les plans de réaménagement des mairies de Kadıköy et Üsküdar sur le territoire desquels doit se réaliser le projet. Cependant, plusieurs hypothèses sur le futur de la gare émergent dans les discussions. Selon l’une d’entre elles, la gare sera transformée en hôtel, laissant seulement le rez-de-chaussée à l’usage des cheminots. « C’est un génocide culturel » s’insurge Alp Sunalp à propos de ce scenario. L’autre hypothèse sur le destin de la gare et du port de Haydarpaşa est la cessation graduelle de leur activité de transport. Lors de la dernière conférence-débat sur Haydarpaşa, organisée par la Chambre des urbanistes, avec la participation de la Mairie d’Istanbul, le projet proposé envisageait de réorganiser le port du quartier « en port avec des fonctions plutôt touristiques, ce qui sous-entendait un port pour les bateaux de croisière » explique Akif Burak Atlar, président de la Chambre des urbanistes. Mais ce n’est pas seulement la fermeture du port qui ferait perdre à Haydarpaşa sa fonction de centre du transport ferroviaire. Le Dr. Yonca Erkan attire l’attention sur le rôle que pourrait jouer le Marmaray project. La construction d’un tunnel sous le Bosphore reliant les deux côtés de la ville prévoit que la sortie du tunnel, sur la rive asiatique, se fasse à la station de Söğütlüçeşme, la deuxième gare sur la ligne ferroviaire après Haydarpasa. Ainsi aucun train ne passera plus par la gare historique. Avec un tel changement dans les itinéraires de circulation des trains, on risque « de ne plus jamais entendre le sifflet des trains et les voix des passagers à Haydarpaşa », explique l’enseignante.

Les questions en suspens sur Haydarpaşa

La décision sur le futur de Haydarpasa est maintenant entre les mains de la Mairie d’Istanbul et de la société ferroviaire turque TCDD. « Selon la dernière loi en vigueur, la TCDD a aussi le droit de proposer des projets de transformation du bâtiment de la gare, mais pour l’instant aucun projet officiel n’a été présenté » affirme Akif Burak Atlar. De plus, seule la municipalité centrale d’Istanbul possède un pouvoir décisionnel sur les projets de rénovation urbaine et les mairies des quartiers d’Üsküdar et de Kadıköy n’ont qu’un rôle consultatif sur les projets.

Le 28 novembre 2010, un incendie provoqué par « un court-circuit de câbles électriques » réduit en cendres le toit de la gare. L’horloge du bâtiment s’est arrêtée pour toujours à 15 heures 17, heure du début de l’incendie. À ce moment là, la gare était en travaux, travaux qui avaient été confiés à une entreprise à la réputation douteuse. Mais à cause des circonstances non-élucidées de cet accident, l’hypothèse d’un incendie volontaire est récurrente dans les média et dans l’opinion publique. La partie supérieure du bâtiment a été détruite et le monument historique se décompose lentement du fait de la négligence des responsables de son entretien – la société TCDD et la Mairie d’Istanbul.

Depuis 2005, plusieurs organisations civiles sont formées pour protéger le bâtiment de la gare et le quartier entier de Haydarpaşa. Actuellement, Haydarpaşa Platforme organise des manifestations régulières contre la démolition du bâtiment. Haydarpaşa Dayanışma Grubu, autre organisation de citoyens, a réussi à stopper le Manhattan project, qui prévoyait la transformation du quartier en un nouveau centre des affaires. Cependant, le futur de Haydarpaşa n’est pas suffisamment traité dans les médias, selon le Dr.Yonca Erkan. Aucune des institutions internationales n’a pris en charge la protection du monument historique, même si l’UNESCO a indiqué plusieurs fois dans ses rapports que la gare était un monument en danger. C’est seulement cette année que l’organisation américaine World Monuments Fund a intégré Haydarpaşa à sa liste officielle de monuments menacés de destruction.

Grâce aux efforts des universitaires, des urbanistes et des associations de citoyens stambouliotes, le débat sur ce sujet épineux a gagné en visibilité, mais la protection du bâtiment et la restitution de ses fonctions d’origine semblent compromises.
 
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HSPP



HSPP Nedir?

WMF (World Monuments Fund) 'World Monuments Watch 2012'Listesinde Haydarpaşa Tren Garının listelenmesini sağlayan projedir"Haydarpaşanın uluslararası kamuoyunda maruzkaldığı tehdit ile bilinirliğini sağlamıştır.

HSPP. Kültürel miras alanlarının korunmasını için, kar amacı gütmeyen bir ekibin ortak çalışmasıdır. Haydarpaşa Station Preservatıon Project, "kamuoyuna sunulan projeler,
 çeşitli planlama söylenceleri ve gelecekteki bilinmezleri ile tehlike altındaki bir kültür mirasına" farklı bir bakış açısı ile dikkat çekerek belkide gelecekteki miras alanlarının dönüşümünde rol model olabilecek bir fikrin öncüsüdür.

Kültürel miras alanları,kent belleklerinin dönüşümü, ve yeni bir işlev ile var olması yöneliminde farklı alanların sanat,mimari vb katılımının tartışılıp oylanacağı platformlar oluşturabilmek amacı ile yola çıkmış bir fikir projesidir.

ANI, TURKEY




1 site works started this summer and focus on the installation of structural monitoring instruments and a protecting shoring and scaffolding system, as well as documentation of the structure’s fallen remains, sections of the walls, and dome. Fencing to secure the building site has been installed, as has a portable office with support facilities, including water supply.
Three levels of steel scaffolding are being erected within the interior of the structure to provide protection for the workers clearing the floor paving of the church and to support the weakened sections of the dome until repair work begins. Once in place, the scaffolding will provide access to the structure for further study of the whitewashed wall paintings and allow for repairs to be made to the cracked sections of the walls and dome.
Before the scaffolding could be installed, over 150 large pieces of fallen remains ranging in weight from 4 to 12 tons were hoisted away from the building’s foundation, relocated to a secure area adjacent to the church, and are now being catalogued. The fragments, many of which are inscribed and carved, will be laser-scanned and studied for possible reintegration into the two flanking sections of damaged walls. A fragile section of the damaged outer wall near the original entry was shored with a steel support column before the fragments were moved.
The documentation, conservation, consolidation, and strengthening of the Church of the Holy Savior will be completed in three phases over the next four years. This project is made possible in part with support from the US Ambassadors Fund for Cultural Preservation and all work is carried out in partnership with the Turkish Ministry of Culture and Tourism.
http://www.wmf.org/field/update-work-church-holy-savior-ani-turkey

14 Ağustos 2012 Salı

Des artistes québécois à la rescousse de la mythique gare Haydarpasa d’Istanbul


Plaque tournante du transport d’Istanbul, l’imposante gare de style néogothique a été érigée en 1908 par des architectes allemands.
Photo : Seda Öztas Kiyan, World Monuments Fund
Plaque tournante du transport d’Istanbul, l’imposante gare de style néogothique a été érigée en 1908 par des architectes allemands.
Des Québécois se mobilisent pour préserver la gare historique Haydarpasa d’Istanbul. Un journaliste féru de patrimoine et trois artistes préparent une exposition de leurs oeuvres afin de préserver cet espace public emblématique de la rive asiatique de la métropole turque.

Michael Werbowski, journaliste pigiste et amoureux du patrimoine, s’est associé aux artistes Suzie Pilon (estampe et gravures) Paul-Émile Rioux (arts numériques) et David Roffey (peinture) afin de réaliser une exposition qui sensibilisera le public au passé, au présent et au futur incertain de la gare Haydarpasa tout en nouant des liens entre artistes turcs et québécois. Trois artistes d’Istanbul participeront également à l’exposition.

« C’est le syndrome des gares qui tombent en désuétude, comme la gare Windsor ici », explique au Devoir Michael Werbowski, charmé par cet édifice surplombant le Bosphore lors sa couverture de la présidentielle turque de 2007.

Plaque tournante du transport d’Istanbul, l’imposante station de style néogothique a été érigée en 1908 par des architectes allemands comme cadeau du « dernier kaiser au dernier sultan » ottoman afin de prolonger la ligne ferroviaire vers Bagdad, écrit M. Werbowski sur son blogue (haydarpasha.blogspot.org). Elle desservait tout l’est du pays, assurant notamment la liaison jusqu’à la capitale Ankara.

En 2010, un important incendie avait ravagé le toit de la gare de ce quartier en plein boom de la métropole. Si bien que le World Monuments Fund (WMF) l’a inscrite sur sa liste 2012 des sites à surveiller.

« C’est le pont entre l’Orient et l’Occident. Est-ce que ça va rester dans l’enceinte publique ou être emporté par la vague de PPP ? s’inquiète M. Werbowski. Nous, on veut que ça reste un endroit public. » Favorisant le transport collectif ainsi qu’un usage culturel, M. Werbowski souhaiterait notamment que la Biennale d’Istanbul s’y tienne en 2013.

La gare est fermée depuis le début de l’année, pour rénovations. Les autorités politiques ont promis de la restaurer et de la transformer en centre culturel et commercial. Les rénovations visent aussi à adapter les installations à un train rapide reliant Istanbul à la capitale.

Mais M. Werbowski craint que ces promesses ne cachent des ambitions de privatiser le site. Il estime que l’avenir de l’édifice est emblématique des choix urbanistiques de cette grande métropole du xxie siècle : adopter le modèle de Dubaï ou garder un enracinement dans son histoire. Sur son site, le WMF explique que la communauté stambouliote favorise un usage qui préserve l’accès public et ouvert à l’édifice.

« Préservation, ça veut aussi dire préservation des traditions et de l’identité culturelle », explique l’artiste Suzie Pilon en précisant que les artistes choisis pour le projet travaillent tous sur la notion de territoires. Elle dirige le Centre de l’image et de l’estampe de Mirabel et travaille notamment en collaboration avec les communautés autochtones.

L’exposition intitulée Past, Present and a Certain Future s’amorcera le 28 novembre, jour de l’incendie de 2010, et devrait courir jusqu’au 15 décembre, dans les locaux mêmes de la gare historique.